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Dante, pourquoi dis-tu qu'il n'est pire misère
Qu'un souvenir heureux dans les jours de douleur ?
Quel chagrin t'a dicté cette parole amère
Cette offense au malheur ?
En est-il donc moins vrai que la lumière existe,
Et faut-il l'oublier du moment qu'il fait nuit ?
Est-ce bien toi, grande âme immortellement triste,
Est-ce toi qui l'as dit ?
Non, par ce pur flambeau dont la splendeur m'éclaire,
Ce blasphème vanté ne vient pas de ton coeur.
Un souvenir heureux est peut-être sur terre
Plus vrai que le bonheur.
[Extrait de Souvenir, Poésies Nouvelles d'Alfred de Musset]
Musset sera toujours mon auteur préféré.
Je sais enfin pourquoi en lisant de tels vers
Et il m'a, dans la vie, toujours accompagné,
Ainsi que ses chimères.
J'ai parfois été seul, ou presque, moi aussi,
Même si ce n'était pas au Théâtre Français.
J'ai préféré l'ivresse au flacon, comme lui,
Et sans aucun regret.
Alors, mon cher Musset, comment te remercier ?
Un souvenir heureux, plus vrai que le bonheur...
Un mot aussi sublime mérite tout mon respect,
Je suis ton débiteur !
J'ai pris cette photo pendant le carnaval vénitien de Paris, sur le Port de plaisance, le 2 avril 2005. Il était difficile de résister au charme et à l'attrait de ces masques, même si leur apparence envoûtante n'était souvent qu'une illusion !
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Illustration de fond : Stupa de Swayambunath, Népal - Maître Po©
"La foudre maintenant peut tomber sur ma tête;/
"Jamais ce souvenir ne peut m'être arraché !"
Ce souvenir, cher ange, rien ni personne ne pourra me l'enlever. Merci à Maître Po de me permettre cet instant d'abandon...
Et puisque vous citez, comme moi, ce chef d'oeuvre qu'est Souvenir, j'aimerais en écrire encore deux vers :
Je me dis seulement : À cette heure, en ce lieu,
Un jour, je fus aimé, j'aimais, elle était belle.
Ah, ces romantiques...
Merci cependant d'avoir apprécié !
Merci donc, Alice, de cette image si gratifiante.
Quant au poème de Victor Hugo, ce doit être une promesse faite dans un moment d'égarement. Le compléter serait déjà un exercice périlleux en lui-même... sous ton regard critique, fut-il bienveillant, cela devient une mission impossible ;-)
Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?
Où t'en vas-tu si belle, à l'heure du silence,
Tomber comme une perle au sein profond des eaux ?
Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux,
Avant de nous quitter, un seul instant arrête ;
Étoile de l'amour, ne descends pas des cieux !
Y a pas, c'est le plus grand ;-)
Pourquoi le champs de la blessure est-il de tous les plus prospère ? Les hommes aux vieux regards, qui ont eu un ordre du ciel transpercé, en recoivent sans s'étonner la nouvelle. (...)
Souvent, je ne parle que pour toi, afin que la terre m'oublie.
Je viens de rentrer, j'ai longtemps marché. Tu es la Continuelle. Je fais du feu. Je m'assois dans le fauteuil de panacée. Dans les plis des flammes barbares, ma fatigue escalade à son tour. Métamotphose bienveillante alternant avec la funeste. (...)
extraits de la lettera amorosa, in les matinaux.
C'est beau, mais tout le monde n'aime pas. Hélas.
Même s'il était mort en 1907, cela aurait été limite. Un poète se doit d'être romantique ;-)
Peu importe la date. Tant qu'il y aura encore des poètes, je garde l'espoir que l'humanité n'évoluera pas plus vers l'enfer...
Mais autant je pense qu'il y aura toujours des poètes, autant je suis convaincu que ça ne changera pas grand chose. Mon côté optimiste ;-Þ
Comme un poème de Lamartine ou un tableau de Friedrich ;-)
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l'eau,
Pas un falot.
Seul, assis à la grève,
Le grand lion soulève,
Sur l'horizon serein,
Son pied d'airain.
Autour de lui, par groupes,
Navires et chaloupes,
Pareils à des hérons
Couchés en ronds,
Dorment sur l'eau qui fume,
Et croisent dans la brume,
En légers tourbillons,
Leurs pavillons.
La lune qui s'efface
Couvre son front qui passe
D'un nuage étoilé
Demi-voilé.
Ainsi, la dame abbesse
De Sainte-Croix rabaisse
Sa cape aux larges plis
Sur son surplis.
Et les palais antiques,
Et les graves portiques,
Et les blancs escaliers
Des chevaliers,
Et les ponts, et les rues,
Et les mornes statues,
Et le golfe mouvant
Qui tremble au vent,
Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux créneaux
Des arsenaux.
Ah ! maintenant plus d'une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet,
L'oreille au guet.
Pour le bal qu'on prépare,
Plus d'une qui se pare,
Met devant son miroir
Le masque noir.
Sur sa couche embaumée,
La Vanina pâmée
Presse encor son amant,
En s'endormant ;
Et Narcissa, la folle,
Au fond de sa gondole,
S'oublie en un festin
Jusqu'au matin.
Et qui, dans l'Italie,
N'a son grain de folie ?
Qui ne garde aux amours
Ses plus beaux jours ?
Laissons la vieille horloge,
Au palais du vieux doge,
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.
Comptons plutôt, ma belle,
Sur ta bouche rebelle
Tant de baisers donnés...
Ou pardonnés.
Comptons plutôt tes charmes,
Comptons les douces larmes,
Qu'à nos yeux a coûté
La volupté !
Alfred de Musset
Faut dire que j'ai grandi entre Musset et Nerval ;-)
J'avais opté pour l'ordre alphabétique ;-Þ