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Publié par Maître Po

Dante, pourquoi dis-tu qu'il n'est pire misère
Qu'un souvenir heureux dans les jours de douleur ?
Quel chagrin t'a dicté cette parole amère
Cette offense au malheur ?

En est-il donc moins vrai que la lumière existe,
Et faut-il l'oublier du moment qu'il fait nuit ?
Est-ce bien toi, grande âme immortellement triste,
Est-ce toi qui l'as dit ?

Non, par ce pur flambeau dont la splendeur m'éclaire,
Ce blasphème vanté ne vient pas de ton coeur.
Un souvenir heureux est peut-être sur terre
Plus vrai que le bonheur.
[Extrait de Souvenir, Poésies Nouvelles d'Alfred de Musset]

 

Musset sera toujours mon auteur préféré.
Je sais enfin pourquoi en lisant de tels vers
Et il m'a, dans la vie, toujours accompagné,
Ainsi que ses chimères.

J'ai parfois été seul, ou presque, moi aussi,
Même si ce n'était pas au Théâtre Français.
J'ai préféré l'ivresse au flacon, comme lui,
Et sans aucun regret.

Alors, mon cher Musset, comment te remercier ?
Un souvenir heureux, plus vrai que le bonheur...
Un mot aussi sublime mérite tout mon respect,
Je suis ton débiteur !

 

J'ai pris cette photo pendant le carnaval vénitien de Paris, sur le Port de plaisance, le 2 avril 2005. Il était difficile de résister au charme et à l'attrait de ces masques, même si leur apparence envoûtante n'était souvent qu'une illusion !

Commenter cet article

Q

Plutôt entre Nerval et Musset, donc 1809 ah ah ah!!! t'es né avant ton arrière, arrière, arrière grand père!!!;-)


Répondre
M

Si tu veux ;-)
J'avais opté pour l'ordre alphabétique ;-Þ


Q

Dans Venise la rouge,
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l'eau,
Pas un falot.

Seul, assis à la grève,
Le grand lion soulève,
Sur l'horizon serein,
Son pied d'airain.

Autour de lui, par groupes,
Navires et chaloupes,
Pareils à des hérons
Couchés en ronds,

Dorment sur l'eau qui fume,
Et croisent dans la brume,
En légers tourbillons,
Leurs pavillons.

La lune qui s'efface
Couvre son front qui passe
D'un nuage étoilé
Demi-voilé.

Ainsi, la dame abbesse
De Sainte-Croix rabaisse
Sa cape aux larges plis
Sur son surplis.

Et les palais antiques,
Et les graves portiques,
Et les blancs escaliers
Des chevaliers,

Et les ponts, et les rues,
Et les mornes statues,
Et le golfe mouvant
Qui tremble au vent,

Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux créneaux
Des arsenaux.

Ah ! maintenant plus d'une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet,
L'oreille au guet.

Pour le bal qu'on prépare,
Plus d'une qui se pare,
Met devant son miroir
Le masque noir.

Sur sa couche embaumée,
La Vanina pâmée
Presse encor son amant,
En s'endormant ;

Et Narcissa, la folle,
Au fond de sa gondole,
S'oublie en un festin
Jusqu'au matin.

Et qui, dans l'Italie,
N'a son grain de folie ?
Qui ne garde aux amours
Ses plus beaux jours ?

Laissons la vieille horloge,
Au palais du vieux doge,
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.

Comptons plutôt, ma belle,
Sur ta bouche rebelle
Tant de baisers donnés...
Ou pardonnés.

Comptons plutôt tes charmes,
Comptons les douces larmes,
Qu'à nos yeux a coûté
La volupté !

Alfred de Musset


Répondre
M

Je crois avoir toujours connu ce poème...
Faut dire que j'ai grandi entre Musset et Nerval ;-)


N
ou comme un impromptu de Schubert... ou une contemplation de Hugo ?
Répondre
M

Voilà ;-)


N
Je ne suis pas très optimiste non plus... Mais on peut toujours rêver.
Répondre
M

Oui, rêver, c'est bien ;-)


N
Romantique, le mouvement littéraire ou romanesque ? Ou bien les deux ?
Répondre
M

Romantique... romantique, quoi ;-Þ
Comme un poème de Lamartine ou un tableau de Friedrich ;-)


N
Un poète se doit d'ouvrir les portes de l'âme et faire voyager à travers la musique de ses mots.
Peu importe la date. Tant qu'il y aura encore des poètes, je garde l'espoir que l'humanité n'évoluera pas plus vers l'enfer...
Répondre
M

Evidemment que la date importe peu. J'exprimais seulement ma préférence ;-)
Mais autant je pense qu'il y aura toujours des poètes, autant je suis convaincu que ça ne changera pas grand chose. Mon côté optimiste ;-Þ


N
Ah ben non, personnellement le plus grand c'est René Char.
Pourquoi le champs de la blessure est-il de tous les plus prospère ? Les hommes aux vieux regards, qui ont eu un ordre du ciel transpercé, en recoivent sans s'étonner la nouvelle. (...)

Souvent, je ne parle que pour toi, afin que la terre m'oublie.
Je viens de rentrer, j'ai longtemps marché. Tu es la Continuelle. Je fais du feu. Je m'assois dans le fauteuil de panacée. Dans les plis des flammes barbares, ma fatigue escalade à son tour. Métamotphose bienveillante alternant avec la funeste. (...)
extraits de la lettera amorosa, in les matinaux.
C'est beau, mais tout le monde n'aime pas. Hélas.
Répondre
M

Né en 1907... c'est rédhibitoire pour moi ;-Þ
Même s'il était mort en 1907, cela aurait été limite. Un poète se doit d'être romantique ;-)


N
Étoile, où t'en vas-tu, dans cette nuit immense ?
Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?
Où t'en vas-tu si belle, à l'heure du silence,
Tomber comme une perle au sein profond des eaux ?
Répondre
M

Ah ! si tu dois mourir, bel astre, et si ta tête
Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux,
Avant de nous quitter, un seul instant arrête ;
Étoile de l'amour, ne descends pas des cieux !

Y a pas, c'est le plus grand ;-)


A
Carnaval vénitien
Vent de folie sur la lagune
Mon cerf-volant cherche Musset.
Signé George S.
et Alain D'A
Répondre
M
Euh... c'est un haïku ? ;-)
C
merci pour le renvoi à cet article dont les deux derniers vers sont criants de vérité pour moi
un souvenir heureux dans une période difficile est plus vrai que le bonheur.

bisous MP :0010:
Répondre
M
Merci à Musset... mon maître à moi ;-)
A
Et encore, ous ne connaissez pas ma gourmandise, Maître Po !!!

Quant à la poésie, égarez-vous ! Et ne redoutez aucun jugement de ma part : comment pourrais-je critiquer un Art où je ne suis moi-même qu'un humble scribouillard ?
Un poème de HUGO me tient particulièrement à coeur, tantôt. Il s'intitule : " La Mort du Chien."
A chacun sa Bête...
Répondre
M
Alice, Alice, j'ai voulu lire ce poème, mais c'est beaucoup trop triste pour moi ;-)
A
Vous écrivez beau, Maître PO. Mais pourquoi si peu ?!C'est regettable...Vos " impromptus " sont le dessert de ces oeuvres que vous nous servez en plat de résistance. Et qui peut y résister?...
Et ce poème de Victor HUGO que vous deviez mettre en ligne ? Chose promise...
Mon salut poétique, Alice.
Répondre
M
J'aime beaucoup ta notion de dessert. Surtout que c'est ce qu'il y a généralement de meilleur dans un repas ;-)Merci donc, Alice, de cette image si gratifiante.Quant au poème de Victor Hugo, ce doit être une promesse faite dans un moment d'égarement. Le compléter serait déjà un exercice périlleux en lui-même... sous ton regard critique, fut-il bienveillant, cela devient une mission impossible ;-)
K
C'est bon de remonter le temps, j'apprends à te découvrir...poète tu n'es point dans tes derniers articles... et j'aime... quand tu te fais Me Po..ète !!
Répondre
J'essaierai de faire un effort... pour toi ;-)
F
Je ne savais pas qu'il y avait un carnaval venitien à paris, dommage j'ai manqué ça, c'était sans doute sublime (vu la très belle photo, je n'en doute pas).
Répondre
M
Bon, ça ne vaut pas l'original, mais cela était agréable à voir. Seul bémol, le succès ! Rendez-vous en Avril 2006 ! Et surveille bien mon blog, je vais bientôt mettre en ligne un album photos spécial Carnaval vénitien de Paris ;-)
L
Cet artcile m'a transportée dans un autre monde, un monde magique... C'est si doux de pouvoir se laisser à rêver...
Répondre
M
La magie provient de Musset, je n'ai fait qu'en évoquer le... souvenir.
Merci cependant d'avoir apprécié !
P
Nous partageons les mêmes émotions.
"La foudre maintenant peut tomber sur ma tête;/
"Jamais ce souvenir ne peut m'être arraché !"
Ce souvenir, cher ange, rien ni personne ne pourra me l'enlever. Merci à Maître Po de me permettre cet instant d'abandon...
Répondre
M
You're welcome.
Et puisque vous citez, comme moi, ce chef d'oeuvre qu'est Souvenir, j'aimerais en écrire encore deux vers :

Je me dis seulement : À cette heure, en ce lieu,
Un jour, je fus aimé, j'aimais, elle était belle.

Ah, ces romantiques...