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Miss Ellen, versez-moi le thé
Dans la belle tasse chinoise,
Où des poissons d'or cherchent noise
Au monstre rose épouvanté.
J'aime la folle cruauté
Des chimères qu'on apprivoise :
Miss Ellen, versez-moi le Thé
Dans la belle tasse chinoise.
Là, sous un ciel rouge irrité,
Une dame fière et sournoise
Montre en ses longs yeux de turquoise
L'extase et la naïveté :
Miss Ellen, versez-moi le Thé.
[Le Thé, Théodore de Banville]
C'est un rondel, poème de 3 strophes composées respectivement de 4, 4 et 5 vers, le dernier étant le premier (comme au Paradis).
Quand j'étais petit, mes parents me récitaient souvent le début de ce poème mais ne le finissaient jamais. Je ne buvais pas de thé et je m'en faisais une idée déformée. Pour moi, il se passait des choses terribles à l'intérieur de la tasse. Ce n'est que bien plus tard que j'ai découvert l'existence de la dame fière et sournoise. C'est dommage. On aurait pu boire ensemble... une tasse de thé !
J'ai pris cette photo au Festival du Thé et n'hésitez pas à regarder l'album !
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Illustration de fond : Stupa de Swayambunath, Népal - Maître Po©
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J'avais déjà corrigé la ligne (mais sans le p) et ça marchait enfin.
Merci malgré tout, Avril !
Arf... je crains de ne pas t'être d'un grand secours. Je pense que l'intérêt de ce poème réside surtout dans sa construction très contrainte, puisqu'un rondel n'a que deux rimes, que les 7e et 8e vers sont identiques au deux premiers et que le dernier vers n'est autre que le premier. Ça limite les possibilités. Cela reste donc très académique, mais on peut toujours broder sur la tasse dont le poème donne quand même, semble-t-il, une description détaillée : des poissons, un monstre (dragon ?), une chinoise, fière, sournoise, extatique et naïve... rien que ça ;-)
En cherchant plus sur Google, on ne trouve pas grand-chose de plus, les sites en parlant se contentent tous de démonter la construction du rondel, dont Théodore de Banville était un spécialiste.
Par exemple :
http://docenti.unicatt.it/unicattolica/allegati/docenti/108/materiale/Rondeau-symbolisme.doc
http://216.239.59.104/search?q=cache:lukWVagx3JIJ:www.wqbz.com/cgi-bin/nph-freeuser.cgi/000110A/http/www.chantiers.org/banville1.htm+%22miss+ellen%22+versez+th%C3%A9+banville&hl=fr
Chihwaseon... Ivre de femmes et de peinture... pas vu, mais j'ai vu Le chant de la fidèle Chunhyang... un peu particulier ;-)
Cela dit, l'intro de http://www.chihwaseon.com/ est exceptionnelle, aussi bien en anglais qu'en coréen (mais le texte est plus compréhensible en anglais ! ;-)... Merci !
Je viens de revoir à mon tour l'intro du site, je l'avais oubliée. C'est trop beau, merci Kinou ;-)
Merci de me l'avoir signalé ;-)
Et tu sais quoi, le texte, je l'ai centré en modifiant le lien, avant même de voir ce commentaire ;-)
Je pense avoir retrouvé ta "dame fière et sournoise", enfin... sa main ;-Þ
http://idata.over-blog.com/1/16/21/74/MP/Chardin.jpg
Mais la dame fière et sournoise est sur la tasse ! ;-Þ
Quand tu veux pour le thé...à la bergamote ;-)
D'une grande simplicité, elle véhicule cependant des images marquantes : la sérénité d'un instant volé à une journée trop pleine et, cependant, l'impression de mouvement, de d'agitation, de voyage. Elle sollicite tous nos sens : odorat, toucher, gout, vue, imagination. Voyager assis ? oui on voyage assis. L'odorant thé doux-amer, la tasse satinée, agréablement colorée, offrant ses images à nos yeux ravis, boire un rêve de pays lointain... cette poésie me plait infiniment.
Ce poème est unique. Il s'en dégage un charme fou empli de mystère. On ne regarde plus une tasse chinoise de la même façon après ;-Þ
Et je partage ton plaisir infini.