Partager l'article ! Tiffany, Couleurs et Lumières : l'exposition: Le Musée du Luxembourg présente la double particularité d'être à la fois un des pl ...
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Il y a Tiffany Père et Tiffany Fils. Comme Dumas. Ou Delon, toutes proportions gardées. Dans la famille Tiffany, on peut demander Louis Comfort, le fils, celui de l'expo. Ou celui du petit-déjeuner, le père, le bijoutier, Charles. Né en 1848, Louis part à vingt ans pour se consacrer à ce qu'il croit être une passion, l'aquarelle, et reste deux ans à Paris. Il ratera la marche impressionniste pour se lancer dans l'orientalisme, sans réelle innovation, comme en témoigne ce tableau réalisé au Maroc.
Avant de revenir aux Etats-Unis, il séjourne à Londres où il découvre les préraphaélites et surtout l'Art Nouveau, tendance qu'il adoptera. Conscient de la limite de ses oeuvres, il y rajoute alors une nouvelle dimension, la lumière, en se servant du verre. Il devient décorateur d'intérieur. Son père l'introduit dans les intérieurs des plus puissantes familles américaines, lui permettant même d'accéder à la Maison Blanche.
Mais le succès viendra de Samuel (ex-Siegfried) Bing, galériste et mécène français, promoteur de l'Art Nouveau en Europe. Celui, conquis par l'excellence de son travail, passe un contrat d'exclusivité avec Louis Comfort Tiffany pour la distribution de ses verres en Europe. Et ses vases, dessinés par Bonnard, Toulouse-Lautrec ou Vuillard, assureront au verrier américain une reconnaissance internationale.
Louis Comfort se consacre désormais totalement au verre. Et c'est dans le vitrail, domaine pourtant limité, qu'il innove techniquement. Pour rendre le mouvement de l'eau, il plisse le verre. Pour restituer une opacité, il superpose les couches. Pour multiplier les détails, il combine différentes sortes de verre.
Il visite en 1889 les ateliers d'Emile Gallé à Nancy. Fortement inspiré de l'oeuvre du maître nancéien, il choisit cependant une approche différente en basant plus ses oeuvres sur la matière, laissant la nature s'exprimer, utilisant les accidents du verre et en en conservant les aspérités.
Mais c'est avec les lampes que le talent de Tiffany s'exprime réellement. La lumière au service de la lumière. Le vitrail au service de la lampe. Inspirée par la nature, chaque oeuvre est différente, comme la suite de l'exposition va le montrer.
[Tiffany, Couleurs et lumières, Musée du Luxembourg, jusqu'au 17 janvier 2010]
[Exceptionnellement, les photos, étant interdites lors de l'exposition, ne sont pas de l'auteur]
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Illustration de fond : Stupa de Swayambunath, Népal - Maître Po©
L'exposition ne parlait à aucun moment de ces miroirs, il doit s'agir d'une invention récente ;-)
en tout cas, merci à toi, de nous le faire découvrir
bonne journée
Là, tu vois, je vais avouer ma totale ignorance.
Pour moi, Tiffany, ce n'était qu'un nom, que, bizarrement, je ne reliais à rien. :(
Alors, bien évidemment, je serai là pour la suite. :-)
Je n'aime pas trop faire des articles illustrés par d'autres photos que les miennes. Mais c'est le prix à payer, les photos étaient interdites ;-Þ
un article intéressant et bien documenté sur un art que je connais assez peu...
la découverte devient un plaisir
amicalement
jean-marie
Les photos ne peuvent pas rendre l'impression que suscite chez le visiteur, la beauté de ces oeuvres...
...comme chacun sait ;-Þ
Merci pour ces articles toujours aussi intéressants.
Et cela va s'arranger, j'en suis sûr ;-)
Très prochainement, je ferai quelques articles sur Teotihuacan. J'espère que je réusssirai à t'intéresser aussi à l'histoire de la Cité des Dieux :-Þ
quel dommage que ce musée ferme ; pauvres enfants que les nôtres ! (ils se consolent à la console)
Et puis, il reste encore un paquet de musées à Paris ;-Þ
Les vases de Tiffany étaient présentés pour la première fois en France, il y a 72 ans, au Musée du Luxembourg, ironie du sort, ils feraient donc partie de la dernière exposition... que c'est triste !
Comme tu le soulignes, il y a d'autres musées à Paris, mais peut-être pas dans un aussi beau jardin ^_^
"Et ses vases, dessinés par Bonnard, Toulouse-Lautrec ou Vuillard...", euh, il me semble qu'il a copié leurs oeuvres pour en faire des vitraux ;-Þ
Merci pour celui de "La Goulue" ;-)
Bon dimanche Po-san, je continue la visite.
Désolé ;-)
Ben je me consolerai avec Orsay et le musée Jacquermart (rien que pour les Fragonards et le salon de thé).
Tu as aussi le petit musée Moreau dans son atelier (dans le 9ème, métro St Georges ou NDLorette).
En plus il n'y a pas trop de monde, tu peux méditer tranquille.
Si tu veux changer d'ambiance, va au Grand Palais, mais pas sûre que tu apprécies.
Qaunt au musée Gustave Moreau, je le conseille doublement : à cause des oeuvres, évidemment, mais aussi parce que les photos sont autorisées ;-)
Plutôt le Petit Palais que le Grand !
(et en plus, il est gratuit)
http://www.lyseo.edu.ouka.fi/kuvataide/albums/album02/Christian_Boltanski_macval_Monument_1986.jpg
Déjà, les notions de l'esthétique "classique", le beau, le laid ont volé en éclats... pour les artistes, pas pour le grand public. Depuis plus de 50 ans l'art se conceptualise, avec du très mauvais et du très bon. Le problème est que nous n'avons pas forcément les codes pour comprendre les oeuvres, et c'est cette inaccessibilité qui creuse de plus en plus les frontières.
Je pense aussi que nos sociétés font trop appel à l'artiste pour des combats qui n'ont rien d'artistiques, et qui relèvent des grands absents : les penseurs. Je ne dis pas que le plasticien, puisqu'on ne parle plus de peintres ne doit pas avoir sa vision du monde, mais je suis trop marquée par cette esthétique classique qui reste encore une source d'émotion.
Alors qu'est-ce qui fera que Boltanski sera considéré comme un plasticien (et enseignant aux Beaux-Arts à Paris) ? D'une part un parcours classique et de l'autre des expérimentations à partir de matériaux tels que vieilles photos, livres, vêtements. C'est un artiste de l'accumulation, et son discours se tourne vers la mémoire, la destruction. Il ne cherche donc pas à rester dans l'esthétique, mais à provoquer chez le spectateur une interrogation au-delà du Beau et du laid. Le dialogue avec le visiteur ne se situe pas dans une relation à la matière picturale - puisqu'elle a disparu - mais par l'ambiance qui se dégage de la globalité. Il cherche à provoquer un ressenti, une interrogation via l'ambiance.
C'est bien là toute la problématique de l'art dit contemporain où il nous faut faire abstraction de notre jugement premier (j'aime, j'aime pas, c'est laid) mais plutôt nous poser la question = pourquoi est-ce que je trouve cela laid ?
Pardon si j'ai été un peu prolixe. Je cherchais juste à partager mes maigres connaissances en ce domaine.
Mais je reste sceptique devant l'art de Boltanski, comme j'avais pu l'être en son temps devant celui de Serra. Monumenta est décidément pour moi une source de surprises infinies ;-)
Donc, merci de m'avoir offert cette visite - courte, mais si bien documentée. La Beauté est une nourriture...
Et ce Blog, le plus extraordinaire garde-manger !
La Poésie est ton pays, et tes commentaires, ses plus merveilleux ambassadeurs ;-)
Mais je rassure les amateurs de Beau, il reste encore et heureusement des courants picturaux qui reviennent à l'esthétique classique (qui remonte à la Grèce Antique puis à la Renaissance) et qui a prévalu jusqu'au début du siècle dernier.
Boltanski est artiste de l'accumulation (Arman), mais de tout nait le rien (la mort, son thème favori). La mort et la destruction n'ont pas besoin de beau. Tu as aussi des sons qui renforcent l'ambiance et répondent donc à la notion d'installation. Tu pourras toujours, à quelques encablures de là, plonger dans l'univers si poétique des nymphéas à l'Orangerie. Une autre "installation" toute en magie, comme l'univers de Tiffany.
Mais je suis d'accord avec toi sur une chose :
De tout naît le rien ;-Þ
Oui, je sors sur-le-champ ;-)
Sans bien évidemment juger de la qualité de ton travail puisque je ne le connais pas, je dois dire que les oeuvres apparentées à Tiffany que l'on voit à droite ou à gauche sont bien loin des oeuvres originales présentées dans cette exceptionnelle exposition !
D'un autre côté, sans nécessairement l'imiter, il est toujours possible de s'en inspirer, non ? ;-)