Le journal de Maître Po


Arrivé la veille, ma première escapade me dirigea vers le marché aux puces de Pekin. Sur un programme traînant sur une table de l'hôtel, cette excursion s'étalait sur une journée. Je haussai naturellement les épaules. En partant à 8 heures du matin, je ne risquais pas d'y passer plus de la matinée.

Arrivé la veille, ma première escapade me dirigea vers le marché aux puces de Pekin. Sur un programme traînant sur une table de l'hôtel, cette excursion s'étalait sur une journée. Je haussai naturellement les épaules. En partant à 8 heures du matin, je ne risquais pas d'y passer plus de la matinée. Pourtant, une fois à Panjiayuan, le temps s'emballa. Les marchés sont essentiels pour découvrir le quotidien de gens quand on n'en connaît finalement pas grand-chose, et c'était avec un étonnement croissant que j'en parcourais les allées.

 

 
Le déjeuner survint sans prévenir. Une faim persistante m'entraîna dans la partie réservée à la restauration, sorte de cour intérieure sur laquelle donnaient des échoppes et proposant en son centre des tables pour manger. Parmi toutes ces spécialités alléchantes, je choisis une brochette d'oeufs, un bol de riz et une galette de légumes, pour un succulent festin chinois (et pour un prix quasi-nul).

  

Comme prévu, l'après-midi débuta alors que je ne pouvais plus rester dans le marché tant je l'avais parcouru en tous sens. L'aller s'était fait en taxi, le retour se fera à pied - une petite dizaine de kilomètres - occasion unique de découvrir les faubourgs de la métropole chinoise.

Et puis, le hasard guidant mes pas, le Temple du Ciel croisa ma route. Il était déjà tard pour le visiter mais je m'imaginais mal refaire ce trajet un autre jour. Je pénétrai ainsi dans Tiantan, le Temple du Ciel, comme le faisait, jadis, deux fois par an, l'empereur quittant la Cité Interdite. Enfin, pas tout à fait pareil, moi, j'ai dû prendre un ticket...


 

 
Outre son côté historique, le temple propose quelques particularités techniques intéressantes. Ce mur était - paraît-il - particulièrement conducteur et toute oreille collée tout contre permet - paraît-il - d'entendre ce qui se dit loin derrière. Le chinois est naturellement joueur et taquin. Inutile dans ces conditions de préciser que ce mur était à l'oreille ce que celui des Lamentations est au front.
[Marché aux puces de Panjiayuan et Temple du Ciel, Pekin, avril 2001]

Jeu 22 mar 2007 9 commentaires
elle est chouette la dernière photo.

en tout cas, la première me fait bien envie.... (tous ces bouquins....)
lauryle - le 22/03/2007 à 15h56
Oui, mais les bouquins, je n'y comprenais rien, c'était du chinois pour moi ;-)
Maitre Po, devin
encore un périple passionnant, maitre Po. raconté avec un tel plaisir que l'envie de se jeter dans ce marché vous prend de suite!
et ces brochettes, hmmm, pour le goûter de 16h, idéal!! hihi
et oi, as tu collé ton oreille au mur du temple? (soit dit en passant, ta dernière phrase m'a fait bidonner!! merci!)
Louise - le 22/03/2007 à 16h03
Faudrait me payer cher pour que j'aille coller mon oreille contre un mur ;-)
Maitre Po, devin
Bonsoir, je ne vais pas être très original mais les brochettes me donnent envie!!! ;-)
Valerie - le 22/03/2007 à 22h26
La cuisine de rue est très attirante en Chine. Et avec ce qui est frit ou grillé, on limite les risques ;-)
Maitre Po, devin
La première photo : J'ADORE !! Une rue pavée de bouquins ! Et à leurs pieds, assis, des êtres porteurs d'esprits tendus vers l'univers de la connaissance et du savoir... Ouverts aux mondes de ces innombrables auteurs qui n'en finissent de peubler de leurs histoires, ces esprits friands de nouvelles et d'aventures !... ... Que je te dise, Maître Po : Il n'existe à mon sens, rien de plus cher qu'un seul livre !
Bon wik à toi... Et belles ballades, surtout !
llgenn - le 24/03/2007 à 10h02
Tu sais quoi, Laurence ? Ton enthousiasme délirant me fascine ;-)
Parce que ces livres qui jonchaient le sol n'étaient bien souvent que des magazines sur des vedettes chinoises connues d'eux-seuls, des sortes de Closer ou de Gala avant l'heure ;-) 
Maitre Po, devin
La dernière photo est superbe aussi... Que fait-elle cette jeune fille ? Ecoute t-elle le chant des murs ? A t-elle besoin du conseil des pierres ?
llgenn - le 24/03/2007 à 10h05
Là encore, la réponse est plus prosaïque. Mais ton imaginaire vaut largement notre réalité ;-)
Maitre Po, devin
J'ai découvert ce marché en juillet de la même année (2001 donc, si j'ai bien compris)... à l'époque il était divin pour la découverte...
mais de nos jours le quartier a été entièrement rasé, l'ancien marché n'existe plus mais à la place on lui a fait un lieu flambant neuf avec marqué en gros caractères Pan Jia Yuan.
C'est si rutilant qu'en y retournant l'an dernier, par une belle après-midi de février, je n'ai pas reconnu les lieux et qu'il a fallu que je demande mon chemin aux résidents du quartier!!

Aujourd'hui, tous les petits marchands proposent la même chose, des vieilleries qui n'ont le mot "vieux" que dans le nom... en réalité de la breloque vieillie artificiellement!
Il reste bien encore quelques échoppes intéressantes, mais elles se font rares!! J'ai retenu une boutique qui fabrique elle même ses lampes!!

Quel dommage!!

Pour le mur des échos au temple du ciel... je confirme, ça marche!! Je l'ai essayé avec un ami en 2001. Il faut être proche du mur, assez distant et l'un parle vers le mur... l'autre approche l'oreille, normalement le son suit le mur et arrive!! Promis!! L'ancêtre du téléphone sans fil! lol

Si tu as visiter rapidement Tiantan, il y a certainement une chose qui t'as échapper. A l'ange Nord-Ouest du parc, on trouve un joli pavillon double. Il est appelé le pavillon de l'immortalité!! Il est sublime...
et l'an dernier j'ai trainé mes parents dans la neige pour aller le voir ;)
comme toujours, un super blog maître Po! :D
Chen Jie - le 25/03/2007 à 15h23
En gros, une bonne et une mauvaise nouvelle.
La bonne, c'est que le mur des échos fonctionne (j'aurais dû essayer, finalement). La mauvaise, c'est que le marché de mon souvenir n'existe plus.

Bah, pas grave, je m'en remettrai. Quant à ton pavillon, ça ne me dit rien, mais je l'ai peut-être vu quand même. Sais plus ;-)
Maitre Po, devin
Maître Pro, votre site est superbe, spirituel, et je m'invite à venir vous faire d'autres visiter pour compléter mes découvertes.
Solange - le 26/03/2007 à 20h39
Solange, tu peux entrer sans frapper ;-)
Maitre Po, devin
J'adore ces marchés, qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs, mais il me semble qu'ailleurs, tout ce que l'on ressent est décuplé.

Ce qui est sûr c'est qu'en regardant tes photos, mes cinq sens sont en éveil

* le toucher pour la première
* le goût et l'odorat pour la seconde
* la vue pour la troisième
* l'ouïe pour la quatrième

grâce à elles ou... à toi ;-Þ il est si facile de s'imaginer au milieu de ce marché aux puces ^__^

Huit ans après, peut-être es-tu au milieu du marché de Delhi ?
Kinou - le 31/03/2009 à 12h51
J'ai rarement revu depuis un tel marché où - tu le soulignes à juste titre, Kinou - les sens sont en éveil. À Delhi, c'est un peu... différent ;-Þ
Maitre Po, devin
Bonjour Maître Po, je viens de faire un voyage "très balisé" de 11 jours qui a commencé par Pekin. Le temple du ciel était dans le circuit. Je regrette cependant que l'on n'ait pas rencontré plus les habitants. Le marché aux puces m'aurait bien tentée ou quelque chose d'approchant mais étant en groupe, ce n'était pas facile. En tout cas, Pékin est en pleine mutation. Je ne suis pas sûre que tu reconnaîtrais cette ville, 9 ans après ta visite. C'est vertigineux. La dernière photo n'est qu'un souvenir. Je n'ai pas vu de jeunes filles écouter au mur (très belle photo). D'ailleurs, les filles se font rares (surtout les petites). Bonne journée.
dasola - le 18/10/2010 à 08h00

Bonsoir Dasola ;-)

Je te sens un peu désabusée...

Pekin en 2001, c'était déjà une ville bien différente de ce qu'on imaginait. Les voitures étaient des Audi, des BMW ou des Mercedes, et les magasins étaient plus souvent des boutiques de luxe que des restaus de nouilles ;-Þ

Et contre le mur du Temple du Ciel, il y avait aussi des chinois...

 

 

 

Maitre Po, devin