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Publié par Maître Po, devin

Ambiance électrique samedi soir pour cette sixième édition de la Nuit Blanche : une journée quasi-estivale que personne n'attendait, suivie d'une victoire des bleus que pers... euh, non, rien. La Place de l'Hôtel de Ville était prise d'assaut, mais le reste de la capitale n'était pas en reste.

Cette année, le thème de la nuit est la ligne 14, qui relie Olympiades à Saint-Lazare. Commençant par la Grande Bibliothèque, je consulte mon programme :

Groupe Zur - Palarbres
Le groupe Zur «Zone Utopiquement Reconstituée» investit l’esplanade de la bibliothèque François Mitterrand, en proposant une création in situ qui fait se rencontrer et se révéler l’image cinéma, la matière et l’acte. Peu à peu le lieu et ses visiteurs plongent dans un univers onirique et poétique.

Mouais. Une fille lit, allongée sur un lit recouvert d'un immense voile pendant qu'un homme manipule tout un tas de trucs aussi bizarres qu'inutiles, produisant une musique lénifiante. Si j'allais voir de l'autre côté de la passerelle ?

 

Un car était planté dans le sol, dans le parc, ses phares éclairant le ciel obscur. Que dit la notice ?

Générik Vapeur - Carnac number one
Sur la place Bernstein du parc de Bercy, un bus de ville marseillais est planté à la verticale en étendard visuel et sonore au cœur de la cité comme une «totémisation de la mémoire». À la lueur de cette lampe de chevet géante, le public sera invité à flâner autour de ce mégalithe où bruissent les mots de la ville, il se fait aussi lieu de vie où l’on ose sur la cymbalisation des cigales.

Ah ça, pour flâner, il flânait. Une petite partie avait investi les quelques transats (marseillais ?) présents. Certains dansaient même autour, jouant la totémisation à fond...

 

Par curiosité, je suis allé voir les Champs mais si le bordel y régnait en maître, on était encore loin de la Place de l'Hôtel de Ville, cependant il était encore tôt, minuit à peine. Direction la rue Cardinet, dans ces terrains vagues réservés naguère à des JO que nous n'avons pas eu. L'endroit était à la hauteur de mes espérances, une immense halle, bordée par des terrains au sol incertain. Des RER passaient au loin, transportant d'hypothétiques voyageurs.

Compagnie Off - Paraboles, pièce pour soprano et dispositif vidéo interactif
Six paraboles géantes deviennent le support d’une rencontre certaine entre le son et l’image, la musique des étoiles en pleine recomposition et la voix lyrique d’une soprano clonée à l’infini. L’écoute de l’immensément lointain nous aide-t-elle à percevoir l’infiniment proche ?
Par la captation de messages destructurés provenant du cosmos, décodés, interprétés par la voix humaine d’une soprano, une partition concrète se compose. À l’aide d’un logiciel interactif audio et vidéo, la présence visuelle et sonore de la chanteuse, septième planète du système ainsi mis en place, est augmentée par 6 clones d’elle-même. Ces doubles sont projetés sur d’immenses antennes paraboliques installées dans l’espace public – supports d’image et de diffusion sonore de part et d’autre de l’interprète.

Coup de bol, le spectacle commence peu après mon arrivée. Enfin, coup de bol, suis pas sûr...

L'image de la soprano suspendue entre terre et ciel était reproduite sur les six paraboles, chacune répondant aux autres.
- C'est Marie
- Non, Marie ne sait pas
- Ce n'est pas Marie

Cela dit, techniquement, c'était une belle performance. Artistiquement, c'est plus discutable...

 

Retour sur la ligne 14, à Madeleine, pour une oeuvre que je tenais à voir :

Paul Cox - Par-dessus le marché
Le marché d’Aguesseau se transforme en un onirique village de lampions luminescents, invitant au calme et à la promenade.

Le hold-up de la soirée.

 

Mais une certaine agitation rodait autour de l'église. Ni une, ni deux, je me mets derrière la file, l'attente ne sera pas bien longue...


Les Souffleurs commandos poétiques - La Confidence des oiseaux de passage
La Confidence des oiseaux de passage est l’installation d’une forêt sensible peuplée d’oiseaux polyglottes. Ces oiseaux mystérieux en savent long sur les hommes, qu’ils survolent depuis la nuit des temps.
Avant de s’envoler vers d’autres contrées, ils se posent à Paris pour chuchoter du sommet des arbres leurs «tresses de langues» (en français, anglais, allemand, japonais, arabe, italien, espagnol, portugais) et dire aux promeneurs nocturnes de la forêt les immenses secrets dont ils sont porteurs et qui nous concernent, nous, hommes et femmes de notre temps ensevelis dans la voracité de nos agendas.

Comment dire ?
Tous les bancs avaient été retirés de l'église de la Madeleine, ce qui lui conférait un aspect profane intéressant. J'avais cependant du mal à garder mon sérieux. Les gens agitaient lentement les mains pour attirer vers eux les tresses de langues et les mettre à leur oreille, pendant que les oiseaux de passage prenaient des airs inspirés... du grand art, sans nul doute.

 

Un peu éprouvé, j'allai jeter un oeil à Saint-Eustache, près du Forum des Halles :

Pleix - Astral Body Church
Astral Body Church est un triptyque contemporain qui a pour thème la tentation de la vie éternelle. Sur la façade de l’église Saint-Eustache, sont projetées des images de bodybuilders aux visages de vieillard qui enchaînent lentement des poses de fitness. Une démonstration subversive mais avec beaucoup d’humour du déplacement du culte de l’esprit vers celui du corps.

Beaucoup d'humour... certes. Mais il était plus que temps de se coucher, presque quatre heures. Deux conclusions s'imposent. Primo, cette édition fait montre de plus d'initiative et d'expérimentation que la précédente mais je l'ai trouvée moins convaincante et moins plus accessible. Reste une expérience unique malgré tout qui permet de voir Paris sous un jour inédit. Deuzio, j'ai vraiment du mal à faire des photos de nuit potables. Bon, c'est vrai que sans pied, ce n'est pas facile...

-> L'album Nuit Blanche
-> Nuit blanche, oxymore parisien 2006

[Nuit Blanche 2007, du 6 au 7 octobre 2007]

Commenter cet article

Q
Il y avait beaucoup à dire, en fait. En additionnant tous les commentaires, on peut tout imaginer.

Même ce qui n'est pas dit.
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M
Et l'on n'a même pas besoin de l'écrire ;-)
L
Hello Maître Po... C'est marrant mais j'étais certaine que tu allais nous faire un post sur cette nuit blanche ! Forcément ! Tout ce qui est à croquer par un objectif Maître Po y est ! :-) Ma préférence est acquise à celle ou il y a du vert du jaune et du rouge...J'aime bien les jeux d'ombres sur les baches... Et les visiteurs qui arpentent les contours... Cette photo me parle de recherche et d'introspection aussi.
Que ton wik soit plein de photos à choper de ci de là. By Bye Monsieur !
Laurence
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M
Coucou Laurence ;-)
La photo que tu cites correspond à l'oeuvre qui m'a le moins convaincu car je la juge un peu facile. Mais elle semblait attirer l'adhésion du public...
Amusante coïncidence, je venais de voir ton nouveau site quand tu as mis un com... à moins qu'il n'y ait pas de coïncidence ? ;-Þ
En tout cas, bonne chance dans ta nouvelle orientation ;-)
C
Chouettes photos malgre tout Maitre PO, et, avec un peu de chance, des demain tu pourras faire la grasse matinee !

Bon week end, Christophe
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M
Bah, tu serais surpris de voir jusqu'à quelle heure je fais la grass'mat' ;-)Bon WE à toi aussi, Christophe...
A
Une critique éclairée... pour une nuit de débauche visuelle et auditive, dont la Capitale a le secret.
Car, même si tes sens ont été quelque peu lésés par l'approche absconse des différents thèmes, tu as su nous restituer l'atmosphère étrange qui se dégageait, aussi bien par tes photos que - surtout - par ta narration.
Pour preuve : j'en suis verte de jalousie et j'en piétine mes lavandes ! Alice.
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M
Alice, tu fais partie de ces talentueuses personnes qui ne devraient pas savoir ce que jalousie signifie. Alors fais-moi plaisir, bannis toute jalousie de ton caractère ! Je t'en remercie infiniment ;-)
(et tes lavandes font de même...)
K
Quelle délicatesse pour dire que Fouinou a été en dessous de tout ;-)c'est vrai je n'ai pas pris le temps de cliquer sur tes liens... ça m'apprendra !
Pour ce bleu... je m'en doutais un peu ;-) non, je ne veux pas voir l'originale.. laisse-moi rêver !!
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M
Bah, personne n'est obligé de cliquer sur mes liens, et puis, c'est ma faute, je n'avais qu'à légender mes photos ;-þ
K
Je viens de visiter l'album, je crois... non, je suis sûre de préférer les photos que tu n'as pas mises dans ton article ;-Þ Lumière douce..canapé bien accueillant.. d'accord, la position est inconfortable mais pendant les nuits blanches tout est possible ! et puis, un p'tit coin de Sacré-Coeur au milieu d'un bleu "Bilalien"... là, c'est tout simplement magique ;-) En définitive, tu as réussi à prendre pas mal de photos réussies cette nuit là ;-)
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M
Comment te dire, Kinou... Les photos qui ne sont pas dans mon article sont dans celui de l'année dernière car ce sont celles de la Nuit Blanche 2006 ;-þIl s'agissait d'oeuvres beaucoup plus visuelles que cette année, consacrée au multimedia...En plus, le bleu "Bilalien" du Sacré-Coeur est complètement trafiqué ! Tu verrais la photo originale, tu ne la reconnaîtrais même pas ;-)
L
Vos photos sont très réussies, même prises de nuit ;-)
Ce n'est pas mon truc ces fêtes là. La fureur, le monde, le bruit, les bains de foules, Rien qu'en regardant j'étouffe déjà :(

Je suis tellement bien perchée sur mon arbre sec à écouter le silence hu hu hu ^^
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M
Tu as raison, vivre dans un arbre sec, c'est bien. Bon, l'inconvénient, c'est qu'il faut fermer son bec ;-)
K
j'ai oublié, peut-être te reconnaîtras-tu sur l'une d'elles ;-) cette fois, c'est l'heure... oyasumi nasai Po-san
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M
J'ai eu beau chercher, mais non ;-)
Oyasumi nasai Kinou-san...
K
Je viens de voir qq photos de nuit assez réussies ;-Þ non...les tiennes le sont aussi et ce n'est pas facile !! http://www.paris.fr/portail/nb2007/Portal.lut?page_id=8156
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M
Ce matin, j'ai regardé ton lien. Maintenant, il n'existe plus. Il faut se contenter d'une page d'accueil photos.Mais moi aussi, j'avais pris la cantatrice des paraboles, mais je n'ai pas mis la photo pour ne pas surcharger ;-)   
V
C'est toujours intéressant de voir ce qui se passe à Paris. Merci maître"Pot" pour cette visite guidée!
Quoi? Un bus de chez moi chez toi? Rendez-nous nos transports en commun!
J'aime bien le marché de paul Cox.
J'aurais bien aimé faire un petit reportage sur la coupe de rugby à Marseille mais je n'ai pas osé prendre des photos dans la rue...
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M
Oui, oui, c'était bien un bus de la RTM ;-) Le marché de Paul Cox... ouais... ça manquait quand même un peu de son...
C
Première lecture hier soir, envie de fuir un tel endroit.
Deuxième lecture maintenant: je révise mon jugement.Un texte si beau et explicite soit-il,
des images ( je ne sais pas ce tu leur reproches? )si belles et représentatives soient- elles ,ne remplacent pas l' ambiance d' un tel événement.Les éclairages, la foule, la musique......Je pense que c' est l' évènement-type qui se vit et ne peut être restitué sous aucune forme.Mais peut-être suis-je dans l' erreur ?
Bonne soirée :)
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M
Au contraire, tu parles d'or ;-)(comme d'habitude)Comme je l'ai dit plus haut, la musique joue un rôle prépondérant dans ces exhibitions. Tantôt douce, tantôt assourdissante mais toujours présente.Quant aux photos, celles-là sont correctes, bien sûr, mais je les ai choisies parmi l'éventail très restreint des photos potables prises cette nuit-là...
L
ah, là, je crois que mon cerveau basique n'aurait pas accroché! si ce n'est peut etre pour le totem bus.
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M
Pourtant, certaines de ces oeuvres, même si elles surprenaient au prime abord, se révélaient intéressantes. Bon, accrocher, faut pas non plus trop en demander ;-)
Q
Je suis d'accord avec toi pour "Paraboles"...

C'est vrai qu'il m'arrive aussi de prendre appui sur quelque chose, même dans la journée !

Que la tienne soit belle, Maître Po !
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M
Raté, Quichottine ;-)La prochaine fois, certainement...
M
j'ai beau relire je ne comprends goutte aux textes de ta notice ...
perso je ne suis intriguée que par les oiseaux de passage .. j'aime bien cette idée de communication .. et enfin , le toucher s'ajoute aux autres sens pour découvrir l'oeuvre.. après il fallait qu'il y ait réelle communication .. sinon ce n'est que du vent ...
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M
Ah, les oiseaux de passage... il était amusant de constater que les gens étaient encore plus silencieux que pendant la messe. Ils communiaient... normal, dans une église ;-)
P
Moi je le trouve super ce petit article,
j'aime beaucoup les photos !!

Paris me manque et ce genre de manisfestations aussi ! il y a des manifestations artistiques à Londres, mais c'est moins evident d'en être informé et aussi d'y aller! la ville est tellement grande et il y a tellement de monde !!
à bientôt
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M
Mais, pam, tu manques à Paris aussi ;-)À Londres, y a pas Time Out ou un journal comme ça, qui dit tout ce qui s'y passe ?Merci pour le compliment, enjoy your week ;-)
Q
Je suis passée cette nuit, lors de la publication de ton article... et je n'ai pas su quoi écrire.

Impression mitigée... J'étais dans un "entre-deux" que j'ai interprété comme de la fatigue. Aujourd'hui, je dois être encore fatiguée... ;-)

Je crois que je reste un peu "imperméable" à cet "art" que je ne comprends pas.

... Peut-être en serait-il autrement si j'avais assisté à cette édition ? je ne sais pas, parce que je ne vois pas en quoi la vision que j'en aurais eu diffèrerait de ce que je ressens à la lecture de ton reportage...

Ce sont de belles images, Maître Po... mais je suis d'accord, je ne fais plus d'images nocturnes parce que rester sans bouger le temps de la pose, ce n'est pas si facile !!!!
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M
Je pense que Paraboles t'aurait plu. Il y avait un côté théâtral indéniable. Et puis, ces grandes paraboles étaient très impressionnantes ;-)

Pour mes photos de nuit, seules la 2 et la 6 sont à main levée. Pour les autres, j'ai trouvé un appui, ici un escalier, là, une balustrade, là-bas, un tronc... oui, je sais, c'est mal, mais c'était pour une bonne cause...
:
Dire que j'aurais pu t'y rencontrer...
Bonne soirée.
D@net.
Répondre
M
Tout Paris était dans la rue ;-)
M
Et bien, il n'est pas fatigué maître Po, parce que moi ce genre de truc cela me donne plutôt envie de me mettre au litavec les chats et un livre!
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M
Je n'étais pas fatigué, j'étais survolté ! Quand je disais que l'atmosphère était électrique ;-)Il y avait un tel monde dans Paris qu'on avait l'impression d'être en plein jour !Remarque au lit, un chat de chaque côté, avec un bon livre, ça doit être sympa aussi ;-)
A
Moi, j'étais également debout... mais... euh, comment dire... en train de danser sur la place de l'hôtel de ville !
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M
Arf... j'y suis passé ! Mais il y avait trop de monde.Je ne sais pas si je vais m'en remettre.Tu y seras samedi prochain ? ;-)
K
Je ne suis pas bien sûre que tout cela ait vraiment un sens... tu aurais tout aussi bien pu l'intituler antilogie parisienne ;-) mais j'aime ces couleurs électriques au milieu de la nuit et je crois que je préfère les regarder en ayant le chant des cigales en tête plutôt que la musique que tu as entendue ;-)
Après ton mouais.. il manque un p'tit "e" ;-Þ
bonne journée Po-san
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M
Ah, tu m'as fait chercher dans le dictionnaire... mais a priori, nuit blanche tient plus de l'oxymore que de l'antilogie ;-)Je ne vais pas te disputer tes cigales, je serais plutôt comme toi pour ça. Mais rue Cardinet, on se serait cru au Technival et je reconnais - à mon corps défendant - que c'était sympa...(et j'ai rajouté le e, merci ;-)
L
Hum, que dire, MP, je suppose que pour apprécier, il faut vraiment être plongé dans l'ambiance, et qu'il doit être dur de se faire une impression en te lisant et en regardant les photos. Du moins, je n'y arrive pas.

Je les trouve quand même gonflé d'avoir mis un bus marseillais à la verticale, dans Paris. Il n'y a pas de bus à Paris et alentours qui auait pu être utilisé de la sorte ? ;-)
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M
C'est vrai qu'il manque une chose essentielle à mes photos, c'est la musique. Car cette édition faisait la part belle au son.

Quant au bus, je ne pense pas que l'artiste s'amuse à refaire son oeuvre à chaque fois qu'il va dans une autre ville ;-)
K
Je venais te souhaiter une bonne nuit et soudain j'ai aperçu ton nouvel article... mais compte-tenu de l'heure, si je ne veux pas passer une nuit blanche, je crois qu'il serait plus raisonnable que je lise demain... heu ce matin... à presque tout de suite Po-san ;-)
Répondre
M
À chaque jour suffit sa nuit blanche (si j'ose dire)... ;-)
J
bonsoir,cher Maître... une promenade quie se un peu magique, un peu fantastique et tes commentaires qui nous ramènent à la réalité.
j'aime.
amicalement
jean-marie
Répondre
M
En dépit de cette impression confuse de n'importe quoi, cette Nuit avait qunad même des côtés enchanteurs ;-)